Le journaliste Mouldi Zouabi agressé

Jeudi 01 avril 2010
Aujourd'hui 1er avril, Mouldi Zouabi, grand reporter à Radio Kalima, a été agressé par un homme de main connu pour être proche de la police et propriétaire d'un café en face du palais de justice à Jendouba (Nord ouest du pays), dénommé Khalil Maaroufi.
Alors qu'il sortait d'un Internet café à Jendouba et au moment où il arrivait à hauteur du poste de police central du district de Jendouba, l'individu est sorti d'une voiture au vitres tintés, lui a demandé s'il s'appelait bien Mouldi Zouabi et s'est jeté sur lui en le frappant avec ses brodequins,  le rouant de coups et brisant ses lunettes de vue.
Le barbouze a proféré des menaces contre lui en l'insultant vulgairement, le traitant de traitre à la partie qui salit l'image du pays et qui va payer cher sa trahison. Alors qu'il était à terre, il lui a arraché ses papiers d'identité, sa carte bancaire, son permis de conduire, sa carte de presse de la FIJ, son audio recorder ainsi que d'autres documents personnels.
Mouldi Zouabi a immédiatement déposé une plainte au parquet de Jendouba après avoir été examiné par un médecin qui lui a délivré un certificat médical.


Mouldi Zouabi subit une répression constante depuis plus d'une année. Son domicile est sous une surveillance permanente de policiers en civil qui harcèlent sa famille. Sa connexion Internet continue d'être arbitrairement coupée depuis le début du mois de février 2010 malgré un recours en justice qu'il a introduit; Les Publinets proches de son domicile à Bousalem qu'il fréquentait ont été tous fermés; ce qui l'oblige à recourir aux Publinets du chef lieu du gouvernorat à Jendouba pour accomplir son travail.
Il avait été arrêté le 28 janvier 2010 au commissariat de Montplaisir à Tunis et détenu durant plus de huit heures, alors qu'il s'apprêtait à faire une interview avec Mohamed Bouebdelli, directeur de l'Université Libre de Tunis qui a subi le retrait arbitraire des autorisations d'exercice. 

Cette attaque contre le journaliste se produit dans un contexte de dégradation significative des libertés et d’une offensive contre la presse indépendante et d’opposition, engagée par les autorités tunisiennes depuis les élections falsifiées d'octobre 2009 qui ont reconduit Ben Ali à la tête de l'Etat pour cinq ans avec un scrutin de 89,62%.
Procès préfabriqués (Taoufik Ben Brik, Zouhayr Makhlouf, Nizar Ben Hassine), condamnations iniques (Fahem Boukaddoud) arrestations arbitraires (Mouldi Zouabi), agressions physiques (Faten Hamdi, Slim Boukhdir, Lotfi Hajji, Moez El Bey) menaces et confiscation de leur matériel (Aymen Rezgui, Moez Jemai), encerclement policier de domiciles (Lotfi Hidouri), sont devenu le lot quotidien des journalistes indépendants en Tunisie.


L'OLPEC

-dénonce les harcèlements contre les journalistes des médias indépendants et notamment contre Mouldi Zouabi et exige que cesse ces harcèlements et qu’ils puissent travailler en toute sécurité loin de toute persécution policière.
- tient les autorités pour responsables de l' intégrité physique et morale de Mouldi Zouabi et les appelle à respecter leurs engagements garantissant la liberté de la presse et la protection des journalistes.

Tunis le 1er Avril 2010
Pour l'Observatoire
Le président
Mohamed Talbi
 

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